Voici une question qui revient souvent auprès de nos équipes. En effet, le sujet de l’amiante dans les roches et sols commence à faire parler de lui et beaucoup de particuliers se posent la question des démarches à réaliser vis-à-vis de ce risque naturel, lorsqu’ils acquièrent un terrain ou simplement une maison.
Suis-je concerné ?
Première chose à comprendre, les exigences réglementaires envers l’Amiante Environnemental ne concernent pas proprement dit la vente ou l’achat d’un terrain, mais plutôt la construction ou la viabilisation de ce terrain, au travers du Code du travail et de la protection des travailleurs. Les questions à se poser sont donc:
Voulez-vous viabiliser votre terrain ?
Souhaitez- vous construire une maison sur ce terrain ?
Ou, si une maison est existante, comptez-vous réaliser une ou des extensions ?
On comprend bien que si la réponse est positive dans l’un de ces cas, des terrassements, des excavations, des fondations vont être réalisés impliquant la mobilisation de poussières des sols et roches du terrain. Or la présence naturelle d’amiante (Amiante Environnemental) dans certains sols ou certaines roches induit un risque pour les travailleurs impliqués dans ces travaux.
Travaux de fondations d’une maison individuelle
Avec la parution du décret du 9 mai 2017 « relatif au repérage de l’amiante avant certaines opérations », puis les différents arrêtés qui ont suivi, les RAT (ou RAAT) sont maintenant indispensables dans de nombreux domaines dont les terrains. En effet, le RAT “Amiante Environnemental” est obligatoire dans le cadre de l’analyse des risques de l’entreprise intervenante, et un arrêté d’application viendra précisément renforcer cette obligation.
Donc concrètement, les particuliers qui passent par des entreprises devront faire réaliser un repérage pour les travaux de construction et de viabilisation pouvant émettre des poussières sur des roches et sols potentiellement amiantifères. Autrement dit, la plupart des travaux de construction de maisons individuelles sont potentiellement concernés par ce RAT.
Et en cas de non respect ?
Les particuliers récalcitrants s’exposent à 9 000 € d’amende administrative et jusqu’à 9 000€ d’amende pénale, donc 18 000 € au total. Par ailleurs, les artisans et entreprises de construction doivent demander ce RAT avant leur intervention.
Qui peut réaliser mon RAT “Amiante Environnemental” ?
Uniquement un géologue formé et expérimenté sur le repérage amiante. C’est-à-dire un géologue ayant une expérience de l’Amiante Environnemental ainsi qu’une formation à la sous-section 4 du code du travail.
C’est le cas de l’ensemble de nos géologues au sein de Bureau GDA qui applique la norme NF P94-001, unique méthode reconnue comme règle de l’art de ces repérages. N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations. L’arrêté ministériel attendu prochainement devrait préciser formellement les conditions de formation des géologues afin d’accéder au titre de “géologue opérateur de repérage” et de pouvoir réaliser un repérage valable. Il devrait exiger un niveau supérieur de formation initiale en géologie assorti d’une certification obtenue par le biais d’une formation théorique et pratique dédiée à l’amiante environnemental. Dans l’attente de ces précisions, il revient au donneur d’ordre de s’assurer par tous moyens de la compétence du professionnel mandaté.
Un bureau géotechnique peut-il réaliser le repérage amiante environnemental de son propre projet ?
Non. L’article R4412-97-1 du Code du travail interdit à l’opérateur de repérage tout lien d’intérêts avec un intervenant de la même opération. Un géotechnicien qui réalise une mission G1 à G5 sur le projet ne peut donc pas en assurer le repérage.
Quelles entreprises sont concernées par cette incompatibilité ?
Toute structure participant à la conception ou à la réalisation des travaux : bureaux d’études géotechniques, maîtres d’œuvre, AMOA, entreprises de terrassement ou de tunnels, bureaux d’études risques naturels. Le critère n’est pas le métier, mais l’implication dans l’opération.
Comment sécuriser le repérage amiante environnemental d'une opération ?
En confiant le repérage à un bureau spécialisé et indépendant, qui n’intervient ni dans les études, ni dans la conception, ni dans les travaux. Le maître d’ouvrage obtient ainsi un repérage conforme et juridiquement solide.
Ce que dit l’article R4412-97-1 du Code du travail
L’article R4412-97-1 du Code du travail fixe une exigence d’indépendance stricte pour tout opérateur de repérage amiante :
L’opérateur de repérage dispose des qualifications et moyens nécessaires à l’exercice de cette mission précisés, pour chaque domaine d’activité, par les arrêtés mentionnés au II de l’article R. 4412-97. Il exerce sa mission en toute indépendance et ne peut avoir de lien d’intérêts de nature à nuire à son impartialité, notamment avec une personne physique ou morale intervenant dans le cadre de la même opération de travaux.
la fiabilité des conclusions transmises au maître d’ouvrage ;
la protection des entreprises intervenantes et des travailleurs.
Missions géotechniques G1 à G5 : pourquoi elles excluent le repérage amiante
Dans les opérations d’aménagement ou de terrassement, les bureaux d’études géotechniques comptent parmi les tout premiers acteurs de la conception d’un projet. Ils interviennent à chaque étape à travers les missions G1 à G5 :
Mission G1: études géotechniques préalables ;
Mission G2: études géotechniques de conception ;
Missions G3 et G4: études et supervision géotechniques d’exécution ;
Mission G5: diagnostic géotechnique.
Ces missions relèvent clairement de laconception ou de la réalisation du projet. Le bureau géotechnique qui les assure ne peut donc pas réaliser lerepérage amiante environnemental avant travauxsur cette même opération : il s’agit d’une incompatibilité réglementaire.
Une position confirmée par la Direction Générale du Travail
Dans les autres domaines du repérage amiante avant travaux,la Direction Générale du Travail (DGT)a déjà été consultée à plusieurs reprises sur des questions d’indépendance. Sa position est constante :le repérage doit être réalisé par une entité indépendante de toute mission de conception ou de réalisation sur l’opération concernée.
La DGT sait que, dans la pratique, de nombreux bureaux d’études géotechniques réalisent eux-mêmes des repérages amiante environnemental sur des opérations où ils interviennent déjà. Cette situation s’est installée avec la montée en compétence progressive du secteur. Mais la rédaction de l’article R4412-97-1 ne laisse pas de place à une interprétation extensive : l’indépendance structurelle est requise.
Cette clarification vise à sécuriser les pratiques et à prévenir des incompatibilités qui pourraient fragiliser juridiquement les opérations.
Un principe qui dépasse la géotechnique
Il serait réducteur de penser que cette exigence ne touche que les bureaux d’études géotechniques. Toute entreprise participant à la conception ou à la réalisation des travaux d’une opération se trouve en situation d’incompatibilité si elle réalise elle-même le repérage amiante environnemental. C’est notamment le cas :
d’une entreprise de travaux de tunnel (creusement, soutènement, aménagement), y compris en conception-réalisation ;
d’une entreprise assurant une mission de Maîtrise d’Œuvre (MOE) ou d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMOA) ;
d’un bureau d’études chargé d’un dimensionnement lié à un autre risque, comme le risque rocheux.
Le critère n’est pas la nature du métier exercé, mais la participation à la conception ou à la réalisation des travaux.
Pourquoi l’indépendance du repérage est essentielle
L’amiante environnementalengage la responsabilité du maître d’ouvrage, la sécurité des entreprises de travaux, la protection des travailleurs exposés et la conformité réglementaire de toute l’opération.
Un opérateur lié économiquement ou contractuellement à la conception ou aux travaux pourrait se retrouver enconflit d’intérêtssur des points décisifs :
la densité des investigations ;
la qualification des matériaux, donc la présence ou non d’amiante ;
l’évaluation des volumes impactés ;
les prescriptions de gestion des terres et des déblais.
Dans ce contexte, l’indépendance de l’opérateur devient un facteur clé: elle garantit des conclusions objectives, ni excessives ni insuffisantes au regard du risque réel.
Bureau GDA, un partenaire indépendant au service des géotechniciens
Bureau GDA intervient exclusivement sur le repérage amiante environnemental. Nous ne participons ni aux études géotechniques, ni à la conception d’ouvrages, ni à la réalisation des travaux.
Cette spécialisation nous permet d’intervenir en toute indépendance.
en parfaite conformité avec l’article R4412-97-1 ;
avec l’objectivité et l’impartialité exigées par la réglementation ;
sans aucun risque de conflit d’intérêts ;
en appui sécurisé de nos partenaires géotechniciens.
Une entreprise impliquée dans la conception ou les travaux d’une opération ne peut pas en réaliser le repérage amiante environnemental (article R4412-97-1 du Code du travail).
Cette exigence d’indépendance rejoint la doctrine constante de la Direction Générale du Travail.
Faire appel à un bureau spécialisé et indépendant sécurise juridiquement le maître d’ouvrage et l’ensemble des intervenants.
L’article R4412-97-1 ne crée pas une contrainte de plus : il protège la fiabilité du repérage, et donc tous les acteurs du chantier. Géotechnicien, maître d’œuvre ou maître d’ouvrage, vous vous interrogez sur la conformité de votre organisation ?Nos géologues expertsvous accompagnent en toute impartialité.
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