Portrait : Stéphane LESIMPLE

par | Mar 15, 2023 | Bureau GDA

Expert de l’amiante environnemental

Stéphane Lesimple

Stéphane LESIMPLE

Géologue Sénior – Expert Amiante Environnemental

Pourquoi as-tu décidé d’intégrer Bureau GDA ?

Mon arrivée au sein du Bureau GDA est liée à la conjecture de deux facteurs.

Le premier, c’est mon changement de vie. Je vivais jusque-là en Nouvelle-Calédonie, et des raisons personnelles m’ont conduit à revenir vivre en France en 2022. Sur le plan professionnel, je devais me projeter dans un nouveau contexte géographique qui, il faut l’avouer, n’est pas forcément le plus porteur dans le domaine de la géologie.

Le second est lié à l’évolution de Bureau GDA, qui prenait de l’ampleur et avait besoin de développer son équipe. Les discussions avec Brice SEVIN, mon ancien collègue et co-fondateur de Bureau GDA, se sont très vite orientées vers la possibilité d’intégrer la société. C’était une opportunité de rebondir professionnellement dans mon domaine, mais également de faire profiter la société de mon expérience de près de 14 ans dans le domaine de l’amiante environnemental.

retour d'expériences sur la Nouvelle-Calédonie lors des rencontres de l'amiante environnemental de Bastia
Retour d’expériences calédoniennes à Bastia (Rencontres Amiante Environnemental 2022)

Quelles sont tes missions au sein du Bureau GDA ?

Ma mission principale au sein de la société est de réaliser les diagnostics géologiques pour évaluer le risque amiante avant travaux. La norme P94-001, publiée en 2021, définit la manière dont ces diagnostics doivent être menés, et les informations qu’ils doivent contenir. Ce cadre règlementaire met clairement en lumière que le sujet de l’amiante naturel est avant tout d’ordre géologique. Les contextes dans lesquels les minéraux amiantifères peuvent être présents de manière naturelle sont assez spécifiques.

De fait, mon rôle en tant que géologue dans le cas d’un diagnostic est de réunir le maximum d’informations concernant la géologie du site. D’abord via la bibliographie, en collectant les données issues des cartes, des notices, des rapports d’étude du BRGM notamment, puis si nécessaire directement sur le terrain pour des observations directes. Toutes ces informations sont interprétées sous le prisme de l’amiante, pour définir si le chantier se trouvera exposé à la présence de fibres. L’ensemble est résumé dans des rapports.

La problématique de l’amiante naturel, ou environnemental, reste récente, complexe, et souvent peu ou mal connue. Une partie du travail consiste à communiquer, expliquer, accompagner les personnes sur cette thématique.

Prélèvement d'actinolite amiante en haute corse par un géologue de bureau GDA
Prélèvement sous conditions SS4 (actinolite-amiante – Haute-Corse)

Tu as travaillé à plus de 22 000 km de la France, comment c’est arrivé ?

En 2007, je travaillais comme rédacteur scientifique pour une revue de minéralogie française. Le travail était très intéressant pour le passionné de minéraux que je suis, mais consistait principalement à réunir de la bibliographie et à la synthétiser pour des articles de vulgarisation. Après un peu plus d’un an, une certaine lassitude s’est installée, et je me posais la question de me réorienter pour un poste un peu plus actif, sur le terrain.

A cette époque, un ami avait commencé à travailler en Nouvelle-Calédonie au sein du service géologique. Il m’a fait comprendre que le travail était intéressant, le contexte super, le terrain fabuleux, mais surtout qu’il y avait un poste disponible. Cela correspondait à mon besoin de grands espaces, je me suis donc lancé et j’ai postulé.

J’ai intégré le service géologique de Nouvelle-Calédonie, et j’y ai passé 14 années exceptionnelles qui m’ont amenées à prendre en main des thématiques aussi passionnantes et diverses que la cartographie géologique, les ressources en matériaux de carrières, les problèmes de sur-engravement, et l’amiante.

carte d'aléa amiante naturel en Nouvelle-Calédonie SGNC
Cartographie de l’amiante environnemental en Nouvelle-Calédonie (SGNC – 2010)

Quelle a été ton expérience la plus étonnante en tant que géologue ?

J’ai la chance d’avoir un profil assez complet et une carrière qui m’a permis de m’intéresser à une multitude de spécialités. J’aurai bien du mal à identifier une expérience étonnante en particulier. Ce qui m’étonne en y réfléchissant, c’est tout ce que ce métier m’a conduit à faire, et les personnes que j’ai pu rencontrer. J’ai pu passer facilement d’observations de minéraux à l’échelle quasi atomique, à des balades sur un volcan actif avec des lacs et des fontaines de lave -avec le même émerveillement.

J’ai pu parler de sujets comme l’amiante ou les risques naturels à des jeunes étudiants, à des personnes isolées dans leur tribu au cœur de la Nouvelle-Calédonie, comme à des ministres. J’ai pu pratiquer la géologie en Australie, en Nouvelle-Calédonie, à Wallis et Futuna, au Canada et bien sûr en France.

Chaque situation a été l’occasion d’apprendre toujours plus, de rencontrer des personnes passionnantes, de voir des choses magnifiques qui sont autant de souvenirs étonnants.

Si tu devais choisir un mentor, ce serait qui ?

Question difficile, tant j’ai eu l’occasion de rencontrer des experts qui m’ont marqué par leur connaissance et leur savoir.

Mais si je devais choisir, il y a deux personnes qui ont particulièrement marqué ma carrière de géologue.
Le premier a été mon chef au sein du Service Géologique de Nouvelle-Calédonie (SGNC) pendant quelques années, Bernard Robineau. Le second était géologue du BRGM détaché auprès du SGNC, Pierre Maurizot. Au delà de leur carrière riche et bien remplie et de leurs connaissances qui font d’eux des géologues accomplis, respectés et incontournables dans le monde de la géologie, c’est leur état d’esprit qui m’a marqué, leur envie de transmettre. Et cela s’est ressenti dès la première minute où j’ai eu la chance de les côtoyer et d’absorber tout ce qu’ils avaient à partager . J’ai ressenti un grand sentiment d’accomplissement professionnel le jour où ces deux experts que je respecte énormément, m’ont à leur tour consulté sur un pied d’égalité pour que je leur transmette les connaissances que j’avais acquises.

Entretien réalisé par Solenn Araïc

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Un bureau géotechnique peut-il réaliser le repérage amiante environnemental de son propre projet ?

Non. L’article R4412-97-1 du Code du travail interdit à l’opérateur de repérage tout lien d’intérêts avec un intervenant de la même opération. Un géotechnicien qui réalise une mission G1 à G5 sur le projet ne peut donc pas en assurer le repérage.

Quelles entreprises sont concernées par cette incompatibilité ?

Toute structure participant à la conception ou à la réalisation des travaux : bureaux d’études géotechniques, maîtres d’œuvre, AMOA, entreprises de terrassement ou de tunnels, bureaux d’études risques naturels. Le critère n’est pas le métier, mais l’implication dans l’opération.

Comment sécuriser le repérage amiante environnemental d'une opération ?

En confiant le repérage à un bureau spécialisé et indépendant, qui n’intervient ni dans les études, ni dans la conception, ni dans les travaux. Le maître d’ouvrage obtient ainsi un repérage conforme et juridiquement solide.

Ce que dit l’article R4412-97-1 du Code du travail

L’article R4412-97-1 du Code du travail fixe une exigence d’indépendance stricte pour tout opérateur de repérage amiante :

L’opérateur de repérage dispose des qualifications et moyens nécessaires à l’exercice de cette mission précisés, pour chaque domaine d’activité, par les arrêtés mentionnés au II de l’article R. 4412-97. Il exerce sa mission en toute indépendance et ne peut avoir de lien d’intérêts de nature à nuire à son impartialité, notamment avec une personne physique ou morale intervenant dans le cadre de la même opération de travaux.

Cette disposition s’applique pleinement au repérage amiante environnemental, encadré par la norme NF P94-001 et les obligations réglementaires de repérage avant travaux (RAAT). Elle vise à garantir :

  • l’impartialité totale du repérage ;
  • l’absence de conflit d’intérêts ;
  • la fiabilité des conclusions transmises au maître d’ouvrage ;
  • la protection des entreprises intervenantes et des travailleurs.

Missions géotechniques G1 à G5 : pourquoi elles excluent le repérage amiante

Dans les opérations d’aménagement ou de terrassement, les bureaux d’études géotechniques comptent parmi les tout premiers acteurs de la conception d’un projet. Ils interviennent à chaque étape à travers les missions G1 à G5 :

  • Mission G1 : études géotechniques préalables ;
  • Mission G2 : études géotechniques de conception ;
  • Missions G3 et G4 : études et supervision géotechniques d’exécution ;
  • Mission G5 : diagnostic géotechnique.

Ces missions relèvent clairement de la conception ou de la réalisation du projet. Le bureau géotechnique qui les assure ne peut donc pas réaliser le repérage amiante environnemental avant travaux sur cette même opération : il s’agit d’une incompatibilité réglementaire.

Une position confirmée par la Direction Générale du Travail

Dans les autres domaines du repérage amiante avant travaux, la Direction Générale du Travail (DGT) a déjà été consultée à plusieurs reprises sur des questions d’indépendance. Sa position est constante : le repérage doit être réalisé par une entité indépendante de toute mission de conception ou de réalisation sur l’opération concernée.

La DGT sait que, dans la pratique, de nombreux bureaux d’études géotechniques réalisent eux-mêmes des repérages amiante environnemental sur des opérations où ils interviennent déjà. Cette situation s’est installée avec la montée en compétence progressive du secteur. Mais la rédaction de l’article R4412-97-1 ne laisse pas de place à une interprétation extensive : l’indépendance structurelle est requise.

Cette clarification vise à sécuriser les pratiques et à prévenir des incompatibilités qui pourraient fragiliser juridiquement les opérations.

Un principe qui dépasse la géotechnique

Il serait réducteur de penser que cette exigence ne touche que les bureaux d’études géotechniques. Toute entreprise participant à la conception ou à la réalisation des travaux d’une opération se trouve en situation d’incompatibilité si elle réalise elle-même le repérage amiante environnemental. C’est notamment le cas :

  • d’une entreprise de travaux de tunnel (creusement, soutènement, aménagement), y compris en conception-réalisation ;
  • d’une entreprise assurant une mission de Maîtrise d’Œuvre (MOE) ou d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMOA) ;
  • d’un bureau d’études chargé d’un dimensionnement lié à un autre risque, comme le risque rocheux.

Le critère n’est pas la nature du métier exercé, mais la participation à la conception ou à la réalisation des travaux.

Pourquoi l’indépendance du repérage est essentielle

L’amiante environnemental engage la responsabilité du maître d’ouvrage, la sécurité des entreprises de travaux, la protection des travailleurs exposés et la conformité réglementaire de toute l’opération.

Un opérateur lié économiquement ou contractuellement à la conception ou aux travaux pourrait se retrouver en conflit d’intérêts sur des points décisifs :

  • la densité des investigations ;
  • la qualification des matériaux, donc la présence ou non d’amiante ;
  • l’évaluation des volumes impactés ;
  • les prescriptions de gestion des terres et des déblais.

Dans ce contexte, l’indépendance de l’opérateur devient un facteur clé : elle garantit des conclusions objectives, ni excessives ni insuffisantes au regard du risque réel.

Bureau GDA, un partenaire indépendant au service des géotechniciens

Bureau GDA intervient exclusivement sur le repérage amiante environnemental. Nous ne participons ni aux études géotechniques, ni à la conception d’ouvrages, ni à la réalisation des travaux.

Cette spécialisation nous permet d’intervenir en toute indépendance.

  • en parfaite conformité avec l’article R4412-97-1 ;
  • avec l’objectivité et l’impartialité exigées par la réglementation ;
  • sans aucun risque de conflit d’intérêts ;
  • en appui sécurisé de nos partenaires géotechniciens.

Nos partenaires restent concentrés sur leur cœur de métier (missions géotechniques, MOE, AMOA) et s’appuient sur nos repérages géologiques et suivis de chantier pour le volet amiante. Vous êtes géotechnicien ? Découvrez comment devenir partenaire de Bureau GDA.

Ce qu’il faut retenir

  • Une entreprise impliquée dans la conception ou les travaux d’une opération ne peut pas en réaliser le repérage amiante environnemental (article R4412-97-1 du Code du travail).
  • Cette exigence d’indépendance rejoint la doctrine constante de la Direction Générale du Travail.
  • Faire appel à un bureau spécialisé et indépendant sécurise juridiquement le maître d’ouvrage et l’ensemble des intervenants.

L’article R4412-97-1 ne crée pas une contrainte de plus : il protège la fiabilité du repérage, et donc tous les acteurs du chantier. Géotechnicien, maître d’œuvre ou maître d’ouvrage, vous vous interrogez sur la conformité de votre organisation ? Nos géologues experts vous accompagnent en toute impartialité.

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