Portrait : Willy FOUCHER

par | Sep 16, 2025 | Bureau GDA

UN nouveau géologue SÉNIOR rejoinT Bureau GDA

Willy FOUCHER, géologue sénior rejoint les équipes de Bureau GDA
Willy FOUCHER
Géologue sénior

L’équipe de Bureau GDA s’agrandit avec l’arrivée d’un géologue passionné, également spécialiste de l’amiante environnemental. Après plus de quinze années d’exploration minière en Nouvelle-Calédonie, il choisit aujourd’hui de mettre son savoir-faire au service de la prévention des risques et de l’accompagnement des acteurs de l’industrie extractive et du BTP. Dans cette interview, il revient sur son parcours, ses expériences marquantes et sa vision du métier.

Peux-tu nous raconter ton parcours en quelques mots et ce qui t’a conduit à l’industrie minière et au service géologique de Nouvelle-Calédonie ?

Passionné par les minéraux depuis tout petit, c’est d’abord l’attrait des matières proposées par l’université de Montpellier 2 (licence Sciences de la Terre et de l’Univers) qui m’a fait mettre un pied dans la géologie. Puis, licence en poche, j’ai souhaité m’orienter vers l’exploration minière afin de combiner passion et travail. Je me suis donc tourné vers le master EGERM de l’université d’Orléans.

L’industrie minière s’est ainsi naturellement imposée à moi pour exercer le métier de prospecteur. En quête de nouveaux horizons, la Nouvelle-Calédonie et son importante activité minière se sont avérées idéales pour pratiquer ce métier.

Après 15 ans d’exploration, j’ai souhaité mettre à profit mes connaissances du territoire (et du nickel) pour le gouvernement calédonien et ainsi me diversifier sur d’autres substances telles que le cobalt, l’hydrogène ou le scandium, dont les ressources étaient encore peu étudiées.

Quelles sont les expériences les plus marquantes que tu retiens de tes années dans le secteur minier ?

Le secteur minier calédonien m’a offert de nombreuses opportunités peu pratiquées ailleurs, telles que la « prospection marteau ». Mais c’est l’exploration par sondage héliporté que je retiendrais parmi les expériences les plus marquantes.

La « prospection marteau », Willy FOUCHER (Nouvelle-Calédonie)
Willy FOUCHER en prospection sur les latérites calédoniennes.

Qu’est-ce qui t’a amené à travailler spécifiquement sur l’amiante environnemental ?

L’amiante environnemental est une préoccupation majeure en Nouvelle-Calédonie, du fait que deux tiers du territoire sont constitués de formations géologiques comportant des roches amiantifères (roches métamorphiques et péridotites +/- serpentinisées). L’activité extractive est donc fortement impactée par cette problématique, et de nombreux moyens sont déployés pour s’en protéger. Les géologues miniers sont particulièrement sollicités pour sensibiliser, informer et œuvrer à la mise en place de dispositifs de protection.

Tu as piloté un groupe de travail avec les mineurs sur cette problématique : peux-tu nous expliquer les objectifs et les résultats de cette mission ?

À la suite de l’adoption d’une délibération et d’un arrêté relatifs à la protection des travailleurs contre les poussières d’amiante issues de terrains amiantifères dans les activités extractives, du bâtiment et des travaux publics, les partenaires de ce groupe de travail ont entrepris de mettre en commun leurs connaissances en matière de prévention du risque lié à la présence d’amiante environnemental, en vue d’aboutir à l’adoption d’un guide de bonnes pratiques servant de base de travail commune.


Ce guide s’est imposé comme nécessaire pour, d’une part, éclairer les parties prenantes (autorités, prestataires, salariés, partenaires sociaux, etc.) et, d’autre part, proposer des pratiques standard appliquées par les opérateurs miniers de Nouvelle-Calédonie, afin de garantir un niveau de protection adapté aux salariés.


À cet effet, les partenaires ont créé un Comité Amiante Environnemental pour échanger et harmoniser les meilleures pratiques de prévention. Trois points clés ont été identifiés et ont fait l’objet de fiches pratiques : les aspects géologiques, les dispositions générales en matière d’hygiène et de sécurité, et le suivi médical.


Concernant le comité géologie, nous avons défini une matrice d’aléa (croisant indice minéral et occurrences) permettant de caractériser un chantier, et avons encadré l’établissement des cartes d’aléa connexes.

Qu’est-ce qui t’a motivé à rejoindre Bureau GDA ?

Bureau GDA s’avère pionnier dans son domaine et est constitué d’une équipe passionnée et motivée que j’admire et que j’apprécie beaucoup. Mettre mes compétences à profit et à leur service à mon retour de Nouvelle-Calédonie était un souhait que j’envisageais depuis sa création.

Quelles compétences ou expertises souhaites-tu mettre à profit au sein de l’équipe ?

Doté d’un bon relationnel et d’une solide connaissance en matière de ressources minérales et d’identification minéralogique, je souhaite renforcer les équipes de terrain, étoffer leur portefeuille clients et contribuer au développement de la branche Kobanos Géosciences axée sur les ressources naturelles.

Willy FOUCHER en prospection.
Willy FOUCHER utilisant un spectromètre XRF portable pour la prospection du nickel et du cobalt.

Quelles bonnes pratiques de terrain ou de prévention souhaiterais-tu partager avec nos partenaires et clients ?

Je pense qu’il est essentiel de s’assurer que l’ensemble des employés de nos clients et partenaires soient impliqués, informés et que toutes les informations relatives à la prévention des risques soient transmises et comprises par tous. De mon expérience de formateur, je retiens que beaucoup d’employés n’ont pas pleinement conscience des risques ni de l’importance des moyens mis en œuvre. J’encouragerai donc nos clients à organiser régulièrement des campagnes de formation ou d’information.

Qu’est-ce qui te passionne le plus dans ton métier de géologue ?

C’est sans aucun doute le fait de travailler en extérieur, de découvrir divers contextes, sites et curiosités géologiques, d’avoir la surprise de débusquer toujours plus de minéraux, et d’avoir la satisfaction à chaque sortie de mener ma propre petite enquête de terrain.

Si tu devais expliquer ton travail à un enfant, comment le décrirais-tu ?

« Je cherche des minéraux fibreux qui sont toxiques pour l’homme, afin qu’il sache où il y en a et qu’il puisse s’en protéger. »

Une anecdote de terrain insolite que tu accepterais de partager ?

J’avais un secteur à cartographier en Nouvelle-Calédonie (sur le massif de Boulinda) et mon technicien était malade ce jour-là. Plutôt que d’annuler la mission et de me retrouver au bureau, j’ai fait le choix, un peu “limite”, de contacter une amie (qui n’a rien à voir avec le métier et qui avait très envie de faire de l’hélico) pour le remplacer au pied levé, en la faisant passer pour ma nouvelle technicienne auprès de la compagnie d’hélicoptère. Elle a pris son travail très au sérieux, a fourni un travail de qualité (levés et argumentation GPS) et a transporté davantage d’échantillons que mon technicien attitré n’aurait pu en prendre.

Un bureau géotechnique peut-il réaliser le repérage amiante environnemental de son propre projet ?

Non. L’article R4412-97-1 du Code du travail interdit à l’opérateur de repérage tout lien d’intérêts avec un intervenant de la même opération. Un géotechnicien qui réalise une mission G1 à G5 sur le projet ne peut donc pas en assurer le repérage.

Quelles entreprises sont concernées par cette incompatibilité ?

Toute structure participant à la conception ou à la réalisation des travaux : bureaux d’études géotechniques, maîtres d’œuvre, AMOA, entreprises de terrassement ou de tunnels, bureaux d’études risques naturels. Le critère n’est pas le métier, mais l’implication dans l’opération.

Comment sécuriser le repérage amiante environnemental d'une opération ?

En confiant le repérage à un bureau spécialisé et indépendant, qui n’intervient ni dans les études, ni dans la conception, ni dans les travaux. Le maître d’ouvrage obtient ainsi un repérage conforme et juridiquement solide.

Ce que dit l’article R4412-97-1 du Code du travail

L’article R4412-97-1 du Code du travail fixe une exigence d’indépendance stricte pour tout opérateur de repérage amiante :

L’opérateur de repérage dispose des qualifications et moyens nécessaires à l’exercice de cette mission précisés, pour chaque domaine d’activité, par les arrêtés mentionnés au II de l’article R. 4412-97. Il exerce sa mission en toute indépendance et ne peut avoir de lien d’intérêts de nature à nuire à son impartialité, notamment avec une personne physique ou morale intervenant dans le cadre de la même opération de travaux.

Cette disposition s’applique pleinement au repérage amiante environnemental, encadré par la norme NF P94-001 et les obligations réglementaires de repérage avant travaux (RAAT). Elle vise à garantir :

  • l’impartialité totale du repérage ;
  • l’absence de conflit d’intérêts ;
  • la fiabilité des conclusions transmises au maître d’ouvrage ;
  • la protection des entreprises intervenantes et des travailleurs.

Missions géotechniques G1 à G5 : pourquoi elles excluent le repérage amiante

Dans les opérations d’aménagement ou de terrassement, les bureaux d’études géotechniques comptent parmi les tout premiers acteurs de la conception d’un projet. Ils interviennent à chaque étape à travers les missions G1 à G5 :

  • Mission G1 : études géotechniques préalables ;
  • Mission G2 : études géotechniques de conception ;
  • Missions G3 et G4 : études et supervision géotechniques d’exécution ;
  • Mission G5 : diagnostic géotechnique.

Ces missions relèvent clairement de la conception ou de la réalisation du projet. Le bureau géotechnique qui les assure ne peut donc pas réaliser le repérage amiante environnemental avant travaux sur cette même opération : il s’agit d’une incompatibilité réglementaire.

Une position confirmée par la Direction Générale du Travail

Dans les autres domaines du repérage amiante avant travaux, la Direction Générale du Travail (DGT) a déjà été consultée à plusieurs reprises sur des questions d’indépendance. Sa position est constante : le repérage doit être réalisé par une entité indépendante de toute mission de conception ou de réalisation sur l’opération concernée.

La DGT sait que, dans la pratique, de nombreux bureaux d’études géotechniques réalisent eux-mêmes des repérages amiante environnemental sur des opérations où ils interviennent déjà. Cette situation s’est installée avec la montée en compétence progressive du secteur. Mais la rédaction de l’article R4412-97-1 ne laisse pas de place à une interprétation extensive : l’indépendance structurelle est requise.

Cette clarification vise à sécuriser les pratiques et à prévenir des incompatibilités qui pourraient fragiliser juridiquement les opérations.

Un principe qui dépasse la géotechnique

Il serait réducteur de penser que cette exigence ne touche que les bureaux d’études géotechniques. Toute entreprise participant à la conception ou à la réalisation des travaux d’une opération se trouve en situation d’incompatibilité si elle réalise elle-même le repérage amiante environnemental. C’est notamment le cas :

  • d’une entreprise de travaux de tunnel (creusement, soutènement, aménagement), y compris en conception-réalisation ;
  • d’une entreprise assurant une mission de Maîtrise d’Œuvre (MOE) ou d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMOA) ;
  • d’un bureau d’études chargé d’un dimensionnement lié à un autre risque, comme le risque rocheux.

Le critère n’est pas la nature du métier exercé, mais la participation à la conception ou à la réalisation des travaux.

Pourquoi l’indépendance du repérage est essentielle

L’amiante environnemental engage la responsabilité du maître d’ouvrage, la sécurité des entreprises de travaux, la protection des travailleurs exposés et la conformité réglementaire de toute l’opération.

Un opérateur lié économiquement ou contractuellement à la conception ou aux travaux pourrait se retrouver en conflit d’intérêts sur des points décisifs :

  • la densité des investigations ;
  • la qualification des matériaux, donc la présence ou non d’amiante ;
  • l’évaluation des volumes impactés ;
  • les prescriptions de gestion des terres et des déblais.

Dans ce contexte, l’indépendance de l’opérateur devient un facteur clé : elle garantit des conclusions objectives, ni excessives ni insuffisantes au regard du risque réel.

Bureau GDA, un partenaire indépendant au service des géotechniciens

Bureau GDA intervient exclusivement sur le repérage amiante environnemental. Nous ne participons ni aux études géotechniques, ni à la conception d’ouvrages, ni à la réalisation des travaux.

Cette spécialisation nous permet d’intervenir en toute indépendance.

  • en parfaite conformité avec l’article R4412-97-1 ;
  • avec l’objectivité et l’impartialité exigées par la réglementation ;
  • sans aucun risque de conflit d’intérêts ;
  • en appui sécurisé de nos partenaires géotechniciens.

Nos partenaires restent concentrés sur leur cœur de métier (missions géotechniques, MOE, AMOA) et s’appuient sur nos repérages géologiques et suivis de chantier pour le volet amiante. Vous êtes géotechnicien ? Découvrez comment devenir partenaire de Bureau GDA.

Ce qu’il faut retenir

  • Une entreprise impliquée dans la conception ou les travaux d’une opération ne peut pas en réaliser le repérage amiante environnemental (article R4412-97-1 du Code du travail).
  • Cette exigence d’indépendance rejoint la doctrine constante de la Direction Générale du Travail.
  • Faire appel à un bureau spécialisé et indépendant sécurise juridiquement le maître d’ouvrage et l’ensemble des intervenants.

L’article R4412-97-1 ne crée pas une contrainte de plus : il protège la fiabilité du repérage, et donc tous les acteurs du chantier. Géotechnicien, maître d’œuvre ou maître d’ouvrage, vous vous interrogez sur la conformité de votre organisation ? Nos géologues experts vous accompagnent en toute impartialité.

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