Réglementation Amiante Environnemental : retour sur les annonces de Batinovia 2025

par | Jan 7, 2026 | Réglementation Amiante Environnemental

C’est avec le même plaisir renouvelé chaque année que Bureau GDA s’est rendu cette année au Salon Batinovia (anciennement Salon des Professionnels de l’amiante – SPA) à Rennes.

Bureau GDA vous résume les annonces sur l’actualité réglementaire de l’amiante environnemental.

batinovia 2025

Outre la possibilité de rencontrer nombres de nos partenaires, fournisseurs, clients et amis dans ce petit monde des professionnels de l’amiante sous toute ses formes, nous avons pu assister à la désormais traditionnelle intervention du Bureau des risques chimiques de la DGT (Direction Générale du Travail) sur les évolutions réglementaires en cours dans le domaine de l’amiante, à l’échelle nationale mais également européenne.

A retenir concernant l’amiante environnemental, les travaux réglementaires sont engagés et l’arrêté d’application devrait pouvoir voir le jour en 2026 !

thomas colin dgt

L’intégralité de la riche intervention de Thomas COLIN, Chef de Pôle Amiante à la DGT, est consultable en replay sur le site de Batinovia.

Finalisation du Dispositif RAT et Réforme des Compétences

Le dispositif de Repérage Amiante Avant Travaux (RAT) est entré dans sa phase de finalisation avec l’engagement des travaux réglementaires pour l’amiante environnemental dans les sols et les roches massives.

Parallèlement, le cadre d’intervention a été précisé pour les immeubles autres que bâtis (infrastructures, génie civil), dont l’arrêté entre en vigueur en 2026.

L’harmonisation des compétences est également un chantier prioritaire, comme en témoignent les Arrêtés du 2 juin 2025 pour les navires, qui imposent désormais aux inspecteurs du DTA de valider la formation d’Opérateur de Repérage. ).

géologue bureau GDA

Bureau GDA se félicite de voir la problématique désormais au cœur des travaux de la DGT et des ministères associés, avec un haut niveau de technicité et une véritable écoute des acteurs de terrain.

Plus que quelques mois avant la concrétisation formelle des modalités de réalisation des repérages amiante avant travaux sur les sols et roches en place !

Sécurisation des Analyses et Contrôle des Laboratoires : La Révision de l’Arrêté de 2019

Le pilier technique de la réglementation a été substantiellement renforcé avec la révision de l’Arrêté du 1er octobre 2019, concrétisée par l’Arrêté du 3 juin 2025.

Cette évolution majeure vise à homogénéiser les résultats d’analyse et à sécuriser la conclusion de présence ou d’absence d’amiante. Elle introduit notamment, via son nouvel article 1-1, des critères morphologiques et d’allongement explicites (L/l > 20) pour dissocier clairement les fragments de clivage, naturellement présents, des fibres asbestiformes dangereuses, mettant ainsi fin au risque de « faux positifs ».

De surcroît, le renforcement des exigences d’accréditation, incluant l’obligation d’essais de vérification sur échantillons de référence pour les 2e et 3e portées (amiante naturel), marque une étape décisive vers une fiabilité accrue des laboratoires et de la métrologie des matériaux.

analyse meta chrysotile amiante
Fibres de Chrysotile (META)

La Position Française et la Défense de la VLEP Face aux Enjeux Européens

La France affirme avec force sa position de précurseur en matière de protection des travailleurs contre l’amiante, en ne nécessitant que peu de travaux de transposition suite à la publication de la Directive UE 2023/2668.

Cependant, la DGT mène une stratégie proactive pour défendre la validité de sa méthodologie métrologique nationale.

L’enjeu majeur réside dans le système dual de Valeur Limite d’Exposition Professionnelle (VLEP) prévu pour fin 2029 : la DGT sensibilise activement ses partenaires européens à la nécessité impérieuse de décompter les fibres fines d’amiante (FFA) via la technique META, seule approche permettant de garantir une évaluation complète et protectrice de l’exposition, et d’éviter un alignement sur une VLEP potentiellement moins exigeante.

En parallèle, la participation à l’élaboration du Guide Européen de Bonnes Pratiques dont la version anglaise est attendue imminemment est utilisée comme un levier pour valoriser les dispositifs français déjà en place, tels que l’étendue du repérage avant travaux (RAT) et l’importance accordée à l’analyse des risques.

Réglementation Amiante Environnemental en Europe

Campagnes Stratégiques et Cadre Interministériel (PAIA II)

Deux volets stratégiques de campagne de mesurages ont été lancés, pilotés par l’OPPBTP, afin d’apporter les bases scientifiques nécessaires à la révision réglementaire.

Le premier volet vise l’actualisation des niveaux de performance des Appareils de Protection Respiratoire (APR) pour reconsidérer les niveaux d’empoussièrement réglementaires et garantir la cohérence des moyens de protection.

Le second est une étude exploratoire sur les Fibres Courtes d’Amiante (FCA), en réponse aux recommandations de l’ANSES, cherchant à identifier les situations professionnelles exposantes et à affiner l’évaluation de leur dangerosité sanitaire.

L’ensemble de ces initiatives nationales est désormais encadré par le Plan d’Actions Interministériel Amiante II (PAIA II), validé en septembre 2025 pour la période 2025-2030, qui définit la feuille de route de l’État sur six axes d’actions concertées pour une prévention et une gestion du risque amiante renouvelées et adaptées aux connaissances actuelles.

affleurement prasinites corse

Donneurs d’ordre, anticipez la formalisation de la réglementation en réalisant d’ores et déjà vos repérages avant travaux avec des experts reconnus de Bureau GDA.

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Un bureau géotechnique peut-il réaliser le repérage amiante environnemental de son propre projet ?

Non. L’article R4412-97-1 du Code du travail interdit à l’opérateur de repérage tout lien d’intérêts avec un intervenant de la même opération. Un géotechnicien qui réalise une mission G1 à G5 sur le projet ne peut donc pas en assurer le repérage.

Quelles entreprises sont concernées par cette incompatibilité ?

Toute structure participant à la conception ou à la réalisation des travaux : bureaux d’études géotechniques, maîtres d’œuvre, AMOA, entreprises de terrassement ou de tunnels, bureaux d’études risques naturels. Le critère n’est pas le métier, mais l’implication dans l’opération.

Comment sécuriser le repérage amiante environnemental d'une opération ?

En confiant le repérage à un bureau spécialisé et indépendant, qui n’intervient ni dans les études, ni dans la conception, ni dans les travaux. Le maître d’ouvrage obtient ainsi un repérage conforme et juridiquement solide.

Ce que dit l’article R4412-97-1 du Code du travail

L’article R4412-97-1 du Code du travail fixe une exigence d’indépendance stricte pour tout opérateur de repérage amiante :

L’opérateur de repérage dispose des qualifications et moyens nécessaires à l’exercice de cette mission précisés, pour chaque domaine d’activité, par les arrêtés mentionnés au II de l’article R. 4412-97. Il exerce sa mission en toute indépendance et ne peut avoir de lien d’intérêts de nature à nuire à son impartialité, notamment avec une personne physique ou morale intervenant dans le cadre de la même opération de travaux.

Cette disposition s’applique pleinement au repérage amiante environnemental, encadré par la norme NF P94-001 et les obligations réglementaires de repérage avant travaux (RAAT). Elle vise à garantir :

  • l’impartialité totale du repérage ;
  • l’absence de conflit d’intérêts ;
  • la fiabilité des conclusions transmises au maître d’ouvrage ;
  • la protection des entreprises intervenantes et des travailleurs.

Missions géotechniques G1 à G5 : pourquoi elles excluent le repérage amiante

Dans les opérations d’aménagement ou de terrassement, les bureaux d’études géotechniques comptent parmi les tout premiers acteurs de la conception d’un projet. Ils interviennent à chaque étape à travers les missions G1 à G5 :

  • Mission G1 : études géotechniques préalables ;
  • Mission G2 : études géotechniques de conception ;
  • Missions G3 et G4 : études et supervision géotechniques d’exécution ;
  • Mission G5 : diagnostic géotechnique.

Ces missions relèvent clairement de la conception ou de la réalisation du projet. Le bureau géotechnique qui les assure ne peut donc pas réaliser le repérage amiante environnemental avant travaux sur cette même opération : il s’agit d’une incompatibilité réglementaire.

Une position confirmée par la Direction Générale du Travail

Dans les autres domaines du repérage amiante avant travaux, la Direction Générale du Travail (DGT) a déjà été consultée à plusieurs reprises sur des questions d’indépendance. Sa position est constante : le repérage doit être réalisé par une entité indépendante de toute mission de conception ou de réalisation sur l’opération concernée.

La DGT sait que, dans la pratique, de nombreux bureaux d’études géotechniques réalisent eux-mêmes des repérages amiante environnemental sur des opérations où ils interviennent déjà. Cette situation s’est installée avec la montée en compétence progressive du secteur. Mais la rédaction de l’article R4412-97-1 ne laisse pas de place à une interprétation extensive : l’indépendance structurelle est requise.

Cette clarification vise à sécuriser les pratiques et à prévenir des incompatibilités qui pourraient fragiliser juridiquement les opérations.

Un principe qui dépasse la géotechnique

Il serait réducteur de penser que cette exigence ne touche que les bureaux d’études géotechniques. Toute entreprise participant à la conception ou à la réalisation des travaux d’une opération se trouve en situation d’incompatibilité si elle réalise elle-même le repérage amiante environnemental. C’est notamment le cas :

  • d’une entreprise de travaux de tunnel (creusement, soutènement, aménagement), y compris en conception-réalisation ;
  • d’une entreprise assurant une mission de Maîtrise d’Œuvre (MOE) ou d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMOA) ;
  • d’un bureau d’études chargé d’un dimensionnement lié à un autre risque, comme le risque rocheux.

Le critère n’est pas la nature du métier exercé, mais la participation à la conception ou à la réalisation des travaux.

Pourquoi l’indépendance du repérage est essentielle

L’amiante environnemental engage la responsabilité du maître d’ouvrage, la sécurité des entreprises de travaux, la protection des travailleurs exposés et la conformité réglementaire de toute l’opération.

Un opérateur lié économiquement ou contractuellement à la conception ou aux travaux pourrait se retrouver en conflit d’intérêts sur des points décisifs :

  • la densité des investigations ;
  • la qualification des matériaux, donc la présence ou non d’amiante ;
  • l’évaluation des volumes impactés ;
  • les prescriptions de gestion des terres et des déblais.

Dans ce contexte, l’indépendance de l’opérateur devient un facteur clé : elle garantit des conclusions objectives, ni excessives ni insuffisantes au regard du risque réel.

Bureau GDA, un partenaire indépendant au service des géotechniciens

Bureau GDA intervient exclusivement sur le repérage amiante environnemental. Nous ne participons ni aux études géotechniques, ni à la conception d’ouvrages, ni à la réalisation des travaux.

Cette spécialisation nous permet d’intervenir en toute indépendance.

  • en parfaite conformité avec l’article R4412-97-1 ;
  • avec l’objectivité et l’impartialité exigées par la réglementation ;
  • sans aucun risque de conflit d’intérêts ;
  • en appui sécurisé de nos partenaires géotechniciens.

Nos partenaires restent concentrés sur leur cœur de métier (missions géotechniques, MOE, AMOA) et s’appuient sur nos repérages géologiques et suivis de chantier pour le volet amiante. Vous êtes géotechnicien ? Découvrez comment devenir partenaire de Bureau GDA.

Ce qu’il faut retenir

  • Une entreprise impliquée dans la conception ou les travaux d’une opération ne peut pas en réaliser le repérage amiante environnemental (article R4412-97-1 du Code du travail).
  • Cette exigence d’indépendance rejoint la doctrine constante de la Direction Générale du Travail.
  • Faire appel à un bureau spécialisé et indépendant sécurise juridiquement le maître d’ouvrage et l’ensemble des intervenants.

L’article R4412-97-1 ne crée pas une contrainte de plus : il protège la fiabilité du repérage, et donc tous les acteurs du chantier. Géotechnicien, maître d’œuvre ou maître d’ouvrage, vous vous interrogez sur la conformité de votre organisation ? Nos géologues experts vous accompagnent en toute impartialité.

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