Le 18 décembre 2025, comme nous l’annoncions dans nos actualités 2025, la Commission Européenne publie un cadre de bonnes pratiques pour l’application de la Directive 2009/148/CE, modifiée par la Directive 2023/2668, ce Guidelines for managing asbestos related health and safety risks at work doit être interprété en complément des réglementations nationales plus strictes, comme c’est le cas en France.

L’amiante naturel (NOA pour Naturally Occurring Asbestos, amiante environnemental en anglais) représente un enjeu de santé et de sécurité majeur, notamment dans les secteurs du génie civil, des travaux publics et de l’exploitation minière, à ce titre il n’est pas oublié dans ce document très complet qui inventorie les bonnes pratiques de chaque pays. La France est ainsi citée en exemple sur la gestion du risque lié à l’amiante naturel, en particulier pour la démarche de repérage avant travaux systématique par des géologues spécialisés.
Bureau GDA a participé aux différents groupes de travail et notamment fourni les illustrations de roches amiantifères en pages 59 et 60.
L’amiante naturel se compose de silicates fibreux (tels que la chrysotile, l’amosite, la trémolite) présents dans la roche ou le sol, souvent sous forme de veines dans des formations géologiques spécifiques (roches ultramafiques, serpentinites).
Contrairement aux matériaux manufacturés, le risque du NOA est lié à sa libération lors de la perturbation du terrain, notamment pendant l’excavation, le forage, le concassage ou la démolition.
L’approche française et les techniques de repérage
La réglementation française, notamment le Code du travail, impose une obligation de repérage amiante préalable avant toute opération de travaux, y compris sur les sols et roches susceptibles d’en contenir.
Ce repérage est la première étape indispensable de l’évaluation des risques et doit être réalisé par des opérateurs qualifiés.

Le processus d’évaluation du risque lié au NOA est structuré en plusieurs étapes :
- Évaluation Géologique Préalable :
- Intérêt du géologue : Le recours à un géologue professionnel est essentiel pour cette phase. Le spécialiste procède à une étude documentaire approfondie (cartes, littérature géologique) afin d’identifier les zones à risque en fonction de l’histoire géologique du site et de la présence de roches connues pour former de l’amiante (ex : ultrabasites, roches métamorphiques). Cette expertise permet de cibler les zones où l’échantillonnage est nécessaire.
- Référence normative : Le document mentionne des guides spécifiques, comme la norme française NF P 94-001:2021 pour l’étude géologique des sols et des roches en place, qui encadre méthodologiquement cette démarche.
- Échantillonnage et Analyse des Matériaux :
- Si l’évaluation géologique révèle un risque, des prélèvements sont effectués (carottages, échantillons de roche).
- L’analyse en laboratoire est cruciale, car l’amiante naturel n’est souvent pas visible à l’œil nu. Elle utilise des techniques de pointe, comme l’analyse de lames minces de roche par microscopie polarisante (PLM) et la microscopie électronique (ME) pour l’identification et la quantification des fibres.
- Évaluation de l’Exposition :
- Cette étape consiste à mesurer la concentration de fibres dans l’air, notamment lors des activités de production (forage, concassage). Ces mesures permettent de confirmer le niveau de risque et de valider l’efficacité des mesures de contrôle mises en place.

Prévention et Contrôle
Le principe fondamental est de réduire l’exposition des travailleurs au minimum et au niveau le plus bas techniquement possible.
Les mesures de contrôle s’articulent autour de l’évitement (ajuster le plan d’exploitation pour contourner les zones riches en NOA) et des mesures techniques.
Ces dernières incluent l’utilisation de cabines de machines à pression positive avec filtration d’air H-Class (EN ISO 23875:2022) pour les opérateurs de véhicules, le mouillage des matériaux pour la suppression des poussières, et l’encapsulation des installations de concassage.

Le port d’un appareil de protection respiratoire (APR) adapté (au minimum FFP3 ou demi-masque à filtre P3) est obligatoire en zone de risque.
Référence au guide INRS ED 6142
L’expertise française en matière de prévention est notamment relayée par l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS), dont les guides techniques fournissent des indications opérationnelles pour la gestion de l’amiante, y compris en terrain amiantifère ( voir INRS (2020), ‘Travaux en terrain amiantifère. Opérations de génie civil de batiment et de travaux publics’, Guide de prévention, ED 6142 ). Ces documents sont des outils essentiels pour les employeurs et les préventeurs afin de mettre en œuvre les meilleures pratiques de sécurité.

Donneurs d’ordre, anticipez la formalisation de la réglementation en réalisant d’ores et déjà vos repérages avant travaux avec des experts reconnus de Bureau GDA.
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