Amiante : l’Europe protègera mieux ses travailleurs

par | Oct 9, 2023 | Réglementation Amiante Environnemental

Révision de la directive majeure de l’Union Européenne pour la protection des travailleurs contre les risques de l’amiante :

Dispositions clés et amiante environnemental concerné

L’Europe protègera mieux ses travailleurs

Le Parlement Européen a voté ce 3 octobre en faveur d’une révision cruciale d’une directive visant à renforcer la protection des travailleurs contre les dangers liés à l’amiante.

Cette décision historique, approuvée par 614 voix pour, 2 contre et 4 abstentions, marque une avancée significative dans la gestion du risque amiante au sein de l’Union Européenne.

amiante stop

La directive, souvent appelée la “Loi Amiante”, devra maintenant être approuvée courant octobre par le Conseil avant d’être publiée au Journal Officiel de l’Union Européenne et de devenir contraignante.

Olivier Dussopt, ministre du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion déclare :

« Ce mardi 3 octobre, les eurodéputés ont voté en faveur de la révision de la directive européenne relative à la protection des travailleurs contre les risques liés à une exposition à l’amiante pendant le travail. La France salue les avancées permises par ce texte et réaffirme son engagement à faire de la prévention des risques professionnels et de la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs sa priorité absolue. »

Aujourd’hui, la réglementation française en matière de protection des travailleurs face à l’amiante, est l’une des plus exigeantes d’Europe, en particulier avec sa valeur limite d’exposition professionnelle et sa méthode de mesurage. La révision de la directive tend à aligner les dispositions européennes sur ces standards élevés.

De plus, la France continuera à porter au niveau européen la déclinaison du principe de repérage de l’amiante avant travaux (RAT) dans l’ensemble des domaines d’activité concernés.

Les dispositions clés

Cette révision ambitieuse comprend plusieurs dispositions clés destinées à être intégrées dans la législation nationale de chaque État membre.

Parmi les points saillants, on peut citer :

  • Réduction drastique du seuil maximal d’exposition à l’amiante : La valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) au niveau européen est désormais fixée à 10 fibres par litre d’air, représentant une division par 10 par rapport au seuil précédent de 100 fibres/litre d’air. Cette mesure harmonise le seuil réglementaire avec celui déjà en vigueur en France.
  • Adoption de nouvelles technologies d’analyse des fibres : La directive encourage l’utilisation généralisée de la microscopie électronique dans tous les pays de l’Union Européenne dans les six prochaines années. Selon le type de microscope utilisé et, par conséquent, le type de fibres détectées, les seuils de la VLEP pourront être ajustés en conséquence.
  • Normes minimales pour la protection des travailleurs : La directive précise l’obligation pour tous les États membres d’établir des normes minimales, notamment en ce qui concerne la formation des travailleurs, l’utilisation d’équipements de protection individuelle et collective, ainsi que la mise en œuvre de procédures de décontamination.
  • Obligation de repérage amiante avant les travaux : Les États membres devront désormais mettre en place des procédures de repérage amiante avant d’entreprendre des travaux, renforçant ainsi les mesures préventives et la sécurité des travailleurs.
Directive Amiante Européenne
Le projet de révision de la directive européenne « Amiante »

Cette directive marquera un engagement significatif de l’Union Européenne envers la sécurité des travailleurs et témoigne d’une approche proactive dans la gestion des risques liés à l’amiante.

L’amiante environnemental concerné ?

Oui ! En effet, l’obligation de repérage amiante avant travaux au niveau européen concerne l’ensemble des immeubles. C’est-à-dire immeubles “bâtis” comme “non bâtis”, donc effectivement les terrains.

Placage fibro-lamellaire sur Serpentinites (Haute-Corse, Bureau GDA)
Placage fibro-lamellaire sur Serpentinites (Haute-Corse, Bureau GDA)

Pour rappel, un “immeuble” correspond à un actif ou un bien dont il est impossible d’en faire un déplacement. Cela peut être un bâtiment, un appartement, une maison, un entrepôt, une résidence, un local commercial, un terrain, etc.

A noter que l’Italie est en pointe dans la prise en compte des travaux en terrains amiantifères.

Pour plus d’infos sur cette directive : Communiqué de presse du Ministère du Travail

Mme la députée européenne Véronique Trillet-Lenoir, oncologue, figure emblématique et infatigable de la lutte contre le cancer est décédée le 9 août dernier.

Elle laissera un héritage remarquable et remarqué. Elle aura notamment grandement contribué à améliorer la protection des travailleurs en Europe, entre autres au travers de cette directive dont elle fut la rapporteure.

Nous saluons sa mémoire et nous joignons à la peine de ses proches.

Un bureau géotechnique peut-il réaliser le repérage amiante environnemental de son propre projet ?

Non. L’article R4412-97-1 du Code du travail interdit à l’opérateur de repérage tout lien d’intérêts avec un intervenant de la même opération. Un géotechnicien qui réalise une mission G1 à G5 sur le projet ne peut donc pas en assurer le repérage.

Quelles entreprises sont concernées par cette incompatibilité ?

Toute structure participant à la conception ou à la réalisation des travaux : bureaux d’études géotechniques, maîtres d’œuvre, AMOA, entreprises de terrassement ou de tunnels, bureaux d’études risques naturels. Le critère n’est pas le métier, mais l’implication dans l’opération.

Comment sécuriser le repérage amiante environnemental d'une opération ?

En confiant le repérage à un bureau spécialisé et indépendant, qui n’intervient ni dans les études, ni dans la conception, ni dans les travaux. Le maître d’ouvrage obtient ainsi un repérage conforme et juridiquement solide.

Ce que dit l’article R4412-97-1 du Code du travail

L’article R4412-97-1 du Code du travail fixe une exigence d’indépendance stricte pour tout opérateur de repérage amiante :

L’opérateur de repérage dispose des qualifications et moyens nécessaires à l’exercice de cette mission précisés, pour chaque domaine d’activité, par les arrêtés mentionnés au II de l’article R. 4412-97. Il exerce sa mission en toute indépendance et ne peut avoir de lien d’intérêts de nature à nuire à son impartialité, notamment avec une personne physique ou morale intervenant dans le cadre de la même opération de travaux.

Cette disposition s’applique pleinement au repérage amiante environnemental, encadré par la norme NF P94-001 et les obligations réglementaires de repérage avant travaux (RAAT). Elle vise à garantir :

  • l’impartialité totale du repérage ;
  • l’absence de conflit d’intérêts ;
  • la fiabilité des conclusions transmises au maître d’ouvrage ;
  • la protection des entreprises intervenantes et des travailleurs.

Missions géotechniques G1 à G5 : pourquoi elles excluent le repérage amiante

Dans les opérations d’aménagement ou de terrassement, les bureaux d’études géotechniques comptent parmi les tout premiers acteurs de la conception d’un projet. Ils interviennent à chaque étape à travers les missions G1 à G5 :

  • Mission G1 : études géotechniques préalables ;
  • Mission G2 : études géotechniques de conception ;
  • Missions G3 et G4 : études et supervision géotechniques d’exécution ;
  • Mission G5 : diagnostic géotechnique.

Ces missions relèvent clairement de la conception ou de la réalisation du projet. Le bureau géotechnique qui les assure ne peut donc pas réaliser le repérage amiante environnemental avant travaux sur cette même opération : il s’agit d’une incompatibilité réglementaire.

Une position confirmée par la Direction Générale du Travail

Dans les autres domaines du repérage amiante avant travaux, la Direction Générale du Travail (DGT) a déjà été consultée à plusieurs reprises sur des questions d’indépendance. Sa position est constante : le repérage doit être réalisé par une entité indépendante de toute mission de conception ou de réalisation sur l’opération concernée.

La DGT sait que, dans la pratique, de nombreux bureaux d’études géotechniques réalisent eux-mêmes des repérages amiante environnemental sur des opérations où ils interviennent déjà. Cette situation s’est installée avec la montée en compétence progressive du secteur. Mais la rédaction de l’article R4412-97-1 ne laisse pas de place à une interprétation extensive : l’indépendance structurelle est requise.

Cette clarification vise à sécuriser les pratiques et à prévenir des incompatibilités qui pourraient fragiliser juridiquement les opérations.

Un principe qui dépasse la géotechnique

Il serait réducteur de penser que cette exigence ne touche que les bureaux d’études géotechniques. Toute entreprise participant à la conception ou à la réalisation des travaux d’une opération se trouve en situation d’incompatibilité si elle réalise elle-même le repérage amiante environnemental. C’est notamment le cas :

  • d’une entreprise de travaux de tunnel (creusement, soutènement, aménagement), y compris en conception-réalisation ;
  • d’une entreprise assurant une mission de Maîtrise d’Œuvre (MOE) ou d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMOA) ;
  • d’un bureau d’études chargé d’un dimensionnement lié à un autre risque, comme le risque rocheux.

Le critère n’est pas la nature du métier exercé, mais la participation à la conception ou à la réalisation des travaux.

Pourquoi l’indépendance du repérage est essentielle

L’amiante environnemental engage la responsabilité du maître d’ouvrage, la sécurité des entreprises de travaux, la protection des travailleurs exposés et la conformité réglementaire de toute l’opération.

Un opérateur lié économiquement ou contractuellement à la conception ou aux travaux pourrait se retrouver en conflit d’intérêts sur des points décisifs :

  • la densité des investigations ;
  • la qualification des matériaux, donc la présence ou non d’amiante ;
  • l’évaluation des volumes impactés ;
  • les prescriptions de gestion des terres et des déblais.

Dans ce contexte, l’indépendance de l’opérateur devient un facteur clé : elle garantit des conclusions objectives, ni excessives ni insuffisantes au regard du risque réel.

Bureau GDA, un partenaire indépendant au service des géotechniciens

Bureau GDA intervient exclusivement sur le repérage amiante environnemental. Nous ne participons ni aux études géotechniques, ni à la conception d’ouvrages, ni à la réalisation des travaux.

Cette spécialisation nous permet d’intervenir en toute indépendance.

  • en parfaite conformité avec l’article R4412-97-1 ;
  • avec l’objectivité et l’impartialité exigées par la réglementation ;
  • sans aucun risque de conflit d’intérêts ;
  • en appui sécurisé de nos partenaires géotechniciens.

Nos partenaires restent concentrés sur leur cœur de métier (missions géotechniques, MOE, AMOA) et s’appuient sur nos repérages géologiques et suivis de chantier pour le volet amiante. Vous êtes géotechnicien ? Découvrez comment devenir partenaire de Bureau GDA.

Ce qu’il faut retenir

  • Une entreprise impliquée dans la conception ou les travaux d’une opération ne peut pas en réaliser le repérage amiante environnemental (article R4412-97-1 du Code du travail).
  • Cette exigence d’indépendance rejoint la doctrine constante de la Direction Générale du Travail.
  • Faire appel à un bureau spécialisé et indépendant sécurise juridiquement le maître d’ouvrage et l’ensemble des intervenants.

L’article R4412-97-1 ne crée pas une contrainte de plus : il protège la fiabilité du repérage, et donc tous les acteurs du chantier. Géotechnicien, maître d’œuvre ou maître d’ouvrage, vous vous interrogez sur la conformité de votre organisation ? Nos géologues experts vous accompagnent en toute impartialité.

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